Comment fonctionne le compost Guyanais ? -Du déchet alimentaire au compost

A vibrant pile of vegetable peels for composting, promoting sustainable living.

Chaque jour en Guyane, des tonnes de déchets alimentaires finissent à la poubelle ordinaire, mélangés au plastique, au verre, au carton. Résultat un gisement précieux de matière organique qui part à la décharge, alors qu’il pourrait nourrir les sols du territoire.

Mais que se passe-t-il exactement quand ces biodéchets sont correctement triés et pris en charge ?
C’est ce que nous allons voir, étape par étape.

Ce qu’on appelle un biodéchet en Guyane

Avant de parler de compostage, précisons ce dont on parle.

Un biodéchet, c’est tout déchet d’origine organique issu de l’alimentation,

  • Epluchures
  • Restes de repas
  • Marc de café
  • Coquilles d’oeufs
  • Fruits et légumes abîmés
  • Invendus alimentaires
  • Déchets de préparation en cuisine

En Guyane, les restaurants, cantines, hôtels et structures de restauration collective en produisent des volumes significatifs, chaque jour, tout au long de l’année. Depuis janvier 2024, leur tri à la source est une obligation légale (voir notre article sur la réglementation).
Ce que beaucoup ignorent encore, c’est ce qui se passe après la collecte.

Comment fonctionne la collecte des biodéchets en Guyane

Tout commence par un bac dédié dans votre établissement. Un contenant hermétique, distinct de vos poubelles ordinaires, dans lequel vont exclusivement les matières organiques (épluchures, restes de préparation, déchets de cuisson).

Promo’Terre organise la collecte de ces bacs directement chez ses partenaires à Cayenne, Macouria, Kourou et dans les communes environnantes. Les biodéchets sont ensuite acheminés vers le site de traitement, dans des conditions qui limitent les odeurs et les risques sanitaires.

Un point important à souligner, le mélange avec d’autres déchets, (plastique, emballages, huiles) rend le traitement impossible.
La qualité du compost final dépend directement de la qualité du tri à la source.

5 étapes de fabrication du compost en Guyane

Une fois sur site, la matière organique collectée entre dans un processus de transformation en plusieurs étapes.

1. Le broyage et le mélange

Les biodéchets bruts sont d’abord broyés pour homogénéiser la matière et accélérer la décomposition. Ils sont ensuite mélangés à des matières carbonées, copeaux de bois, résidus végétaux pour équilibrer le rapport carbone/azote.
C’est ce ratio qui conditionne la qualité de la fermentation.

2. La phase de fermentation active

Le compostage est un processus biologique piloté par des micro-organismes, (bactéries, champignons, actinomycètes). Sous l’effet de leur activité, la matière monte en température, jusqu’à 55-70°C au cœur du tas.

Cette montée en chaleur est essentielle car elle détruit les pathogènes, les graines de mauvaises herbes et certains contaminants biologiques.
En Guyane, les conditions climatiques comme la chaleur constante et humidité élevée accélèrent naturellement ce processus par rapport à la France hexagonale.

3. Le retournement et l’aération

Pour que la fermentation soit homogène et que les micro-organismes disposent de l’oxygène dont ils ont besoin, le tas est retourné régulièrement.
Cette opération permet également de contrôler la température et l’humidité, deux variables déterminantes pour la qualité finale.

4. La phase de maturation

Après la fermentation active, la matière entre dans une phase plus lente, appelé
« La maturation« .
La température redescend, l’activité biologique se stabilise. Le compost commence à ressembler à ce qu’il sera, c’est-à-dire une matière sombre, friable, qui sent la terre et la forêt, pas les déchets.

5. Le tamisage et le conditionnement

Le compost mature est tamisé pour retirer les éléments non dégradés.
Il est ensuite contrôlé, puis conditionné. Ce que vous obtenez à l’arrivée, c’est un amendement organique stable, riche en nutriments, prêt à être intégré dans un sol agricole ou maraîcher.

Pourquoi le compost Guyanais, est différent ?

La Guyane ne correspond pas à la France en terme de climat équatorial, la biodiversité des déchets organiques collectés (fruits tropicaux, racines, produits locaux), les contraintes logistiques du territoire. Tout cela façonne une filière qui doit s’adapter en permanence à un environnement spécifique.

C’est précisément pour ça qu’un compost produit localement fait sens.
Il est élaboré à partir de la matière organique du territoire, transformé sur le territoire et destiné à nourrir des sols guyanais.
Pas d’importation, pas de transport longue distance, pas de déconnexion entre ce qui est consommé et ce qui est restitué à la terre.

C’est le principe même de l’économie circulaire, appliqué concrètement à l’échelle d’un territoire.

Ce qu’il faut retenir

Les biodéchets collectés subissent un processus de transformation précis, en plusieurs étapes : broyage, fermentation, maturation, tamisage.
La montée en température durant la fermentation élimine les pathogènes et garantit la qualité du compost final.
Le climat guyanais accélère naturellement le processus de dégradation.
Le compost produit est 100 % local issu du territoire Guyanais, destiné à ses sols.
La qualité du produit final dépend directement de la qualité du tri à la source.

Le compost Guyanais en images

Pour aller plus loin que les mots, Promo’Terre a lancé une série documentaire cinématographique : « De l’Assiette à la Terre« .

Chaque épisode plonge dans un aspect concret de la filière, le process de transformation, les restaurateurs partenaires, la vision du fondateur avec une approche terrain, sans mise en scène artificielle.

Le premier épisode, « L’Alchimie« , est disponible dès maintenant sur notre chaîne YouTube.

Vous ne savez pas par ou commencer ?

Promo’Terre accompagne déjà une cinquantaine
de structures guyanaises dans leur mise en conformité,
de l’audit initial jusqu’à la solution de collecte
et de valorisation adaptée à votre activité.

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